Équilibre du présent, composé en 2011-2012, s’ouvre sur le pressentiment que La joie viendra / comme le ciel bleu sur la neige. Une rencontre qui nous place au centre du tout en sera-t-elle l’occasion ? Mais sans attendre l’embrasement, restons attentifs à la beauté du pays natal, à la poésie des scènes de la vie quotidienne saisies sur le vif et aux liens de toute nature qu’au fil du temps nous tissons avec les êtres – mère, père, enfant, ami, conjoint – autant que nous en sommes tissés. Ces liens sont aussi ceux qui relient micro- et macrocosme : le monde dont nous faisons partie s’insère dans un univers fabuleux, en expansion infinie, dont le contenu, composé à plus de 95 % d’« énergie noire » ou de « matière noire », est encore inconnu à l’esprit humain et où, à l’instar de ces quasars qui doivent leur luminosité fantastique au monstrueux trou noir qu’ils hébergent en leur cœur, les contraires – bien et mal, solitude et amour – coexistent. La douleur peut ainsi, quelle que soit la menace des ombres, devenir forêt en marche et la vie fair[e] de son mouvement / l’étendard de la joie. Dans l’homme qui marche de Giacometti, emblème de la condition humaine, résonne la voix d’Orphée, celui qui unit le monde des vivants à celui des morts ; leur étrange présence semble bien un signe de la joie entrevue.

Béatrice Marchal

ÉQUILIBRE DU PRÉSENT

Poèmes

ISBN 978-2-35328-116-9

14,80 EUR

En couverture : lavis à l'encre du Japon d'Agnès Delatte

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Béatrice Marchal vit à Paris et se ressource régulièrement dans les Vosges où elle a passé sa jeunesse.

Elle a publié La Poésie en France depuis Baudelaire (Paris, Dunod, 1999), et sur la poète Cécile Sauvage, Les Chants du silence (Delatour France, 2008) et les Ecrits d’amour de Cécile Sauvage (Cerf, 2009).

En poésie, elle est l’auteur de Tant va le regard et La Baguette de coudrier (aux Editions La Porte, 2007 et 2010).

Aux Editions de l’Atlantique, L’Epreuve des limites, La Remontée du courant (2010) et Une Voix longtemps cherchée (2011).

Elle collabore à plusieurs revues poétiques et coopère à des livres d’artistes avec les graveurs Eva Gallizzi, Véronique de Guitarre, Dominique Penloup.

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Revue de presse

• L’attente du bonheur n’est pas l’apanage des poètes mais de tout être humain. Le recueil de Béatrice Marchal s’ouvre ainsi sur cette prophétie que La joie viendra / comme le ciel bleu sur la neige. Poésie résolument humaine, féminine, ancrée dans l’athanor de la mémoire, où le souvenir du pays natal se décline en un automne infini. Cette condition humaine, dont on a sans doute tout dit, emmène néanmoins les mots de Béatrice Marchal plus loin que les nuages / par-delà les mers / jusqu’à la lumière. Ce parcours, elle le réalise sans jamais faiblir, même sous la menace des ombres. Optimiste mais consciente des angoisses du monde, voilà une écriture qui marche, à l’instar de l’homme de Giacometti, vers l’énergie noire de la vie et de la matière, comme si sa propre existence en dépendait. Au nom de toute absence, écrire est une solitude à ton accomplissement / nécessaire. Á la rencontre des morts et des vivants, une force obscure et lumineuse pousse la poésie dans ses derniers retranchements, aux précipices de l’amertume / et des regrets. Parce que la joie entrevue est un peu la marée montante qui restaure l’infini. Tout est simple lorsque Les nuages détiennent / le secret de la journée et que le terme invisible / promis n’est sans doute rien d’autre que l’embrasement du poème sur la page et la lyre d’Orphée. Sur le livre, aussi. Où Béatrice Marchal écrit tu poursuivras ton œuvre avec patience comme si elle s’adressait à elle-même. Une œuvre qui résonne — rien de moins — comme un recentrement de l’être, une rencontre définitive avec le grand tout.

Christophe Mahy

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L'avenir est-il une promesse de bonheur ? Béatrice Marchal veut le croire. Et de quoi sera-t-il fait ? En attendant de le découvrir, le présent offre ses paysages comme autant de sourires inoubliables en dépit des pluies et des vents. Il offre au poète l'horizon des grands arbres, l'amitié d'une chanson, la douceur d'un regard et, pourquoi pas? "l'embrasement" d'un coquelicot. Béatrice Marchal sait aussi pétrir la "matière noire" du poème. Là encore, elle le fait avec une remarquable économie de moyens : poèmes brefs, vers courts, larges marges silencieuses où la rêverie du lecteur s'arrête et s'apprivoise. Elle sait dire la douceur d'une main comme le "trou noir" de la solitude ou de la mort. Sur la page du poème, les mots tracent leurs croix de pleins et de déliés pour marquer la place des ombres disparues, et le poète vit son présent entre "l'incertitude / du possible" et "l'impossible oubli" du passé.

Jean-Paul Giraux

Poésie/première n° 58

ÉDITINTER

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